Mercredi 20 février 2008
En voyant les grandes éoliennes dénaturer (au sens propre comme au figuré, en tous cas pour ceux qui préfèrent un paysage naturel à celui des éoliennes) certains paysages de Lozere, je me disais, comme bien d'autres, que c'était un mal nécessaire ou en tous cas utile, auquel il fallait se résigner pour la bonne cause (d'autant plus qu'aucune d'entre elles n'est visible depuis le Causse Méjean..)
On pouvait juste déplorer que des installations soient faites dans des enfroits préservés (cf les crêtes de reliefs de la Margeride, d'où on les voit de plus de 20 km à la ronde) où leur impact est assez saisissant, alors qu'il serait préférable de les cantonner à des zones déjà industrialisées.
Or, il semblerait que l'éolienne soit en fait parfaitement inutile (ou presque), et permette surtout un business très lucratif.
Le postulat de départ, qui rend l'éolienne séduisante (transformer du vent en électricité serait forcément économe en émission de gaz à effet de serrere) reposerait sur une fausse évidence.
Plusieurs éléments non pris en compte :
1. L'électricité française n'émet que très peu de gaz à effet de serre. Le gain tiré du développement de l'éolien ne permettrait qu'un gain de ..1 % . CF Ci dessous.
2. La production d'électricité par une éolienne étant irrégulière, l'approvisionnement continu suppose la possibilité d'avoir une source complémentaire facilement mobilisable, c'est à dire du thermique (production à partir de moteurs), fortement émetteur de CO2. Apparement, il faudrait 1 kw d'énergie thermique disponible pour 1 kw d'éolien...
Faut-il envahir la France d'éolienne pour ça ?
Visiblement certains en sont convaincus, et en particulier un certain nombre de sociétés dont la préoccupation n'est certainement pas écologique.
Car visiblement, si il est une certitude concernant l'éolien, c'est que c'est un business très rentable .
Je cite l'article de Martine Betti-Cusso paru dans le Figaro Magazine (à priori pas le plus écolo des journaux) du 11 02 2008 "Eoliennes, miracle ou arnaque ?":
" Avec un tarif de rachat d’électricité de 82 euros le mégawattheure, chaque éolienne de 2 MW garantit à son promoteur 360 000 euros de revenu annuel pour un temps de fonctionnement moyen annuel de 2 200 heures. Une opération rentable. Le coût de l’éolienne installée se situe, selon France Energie éolienne, entre 1 million et 1,3 million d’euros.
Soit un amortissement entre trois et cinq ans maximum. Pas étonnant qu’elles aient le vent en poupe.
On comprend mieux dès lors le mistral de spéculations que fait souffler cette source d’énergie. Le vent vaut de l’or. C’est ainsi que le groupe Suez a acheté 50,1 % des parts de la Compagnie du vent, spécialisée dans la promotion d’éoliennes, pour un montant de 321 millions d’euros. Or, le chiffre d’affaires de la Compagnie du vent se limite à 11 millions d’euros. Mais elle serait « riche » de signatures d’élus pour des permis de construire permettant la production de 2 000 MW. « Ce qui valorise chaque mégawattheure à plus de 300 000 euros, poursuit Christian Gerondeau. Avec 6 à 10 éoliennes et une puissance de 12 à 30 MW, la valeur de chaque signature obtenue varie de plus de 3 millions d’euros à près de 10 millions. Le tout sans le moindre risque. »
Si j'ai bien compris, grâce au tarif garanti de rachat par EDF, en installant une éolienne (dont la la durée de vie est de 15 ans), qui me coutera 1 150 000 € environs, j'encaisserais sur la durée la modeste somme de 5 400 000 € .
Vous l'aurez tous compris, j'installe bientôt deux éoliennes à La Champ, et en plus, j'aurais le lable Gîte écologique !
Si cela vous intéresse, je vous recommande le site de "vent de colère" http://www.ventdecolere.org/
Il y a eu un grand dossier publié dans le figaro http://www.lefigaro.fr/lefigaromagazine/2008/02/08/01006-20080208ARTWWW00644-eoliennes-miracle-ou-arnaque-.php
Pour contribuer au débat, ci après le dernier communiqué de presse du 20 février 2008 de la FED:
10 000 éoliennes géantes :
Aucune diminution significative des émissions de CO2 de la France
Suite à la note d'information "L'éolien contribue à la diminution des émissions de CO2" diffusée par le MEDAD (Ministère de l'Ecologie, du Développement & de l'Aménagement Durable) et l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie),
la FED (Fédération Environnement Durable) et la FNASSEM (Fédération Nationale des Associations de Sauvegarde des Sites et Ensembles Monumentaux) maintiennent leurs déclarations et en appellent maintenant à l'arbitrage du Président de la République.
Depuis plusieurs années, l'ADEME tente de faire croire que l'éolien industriel est la principale technologie permettant à la France de réduire ses émissions de CO2 pour répondre à ses engagements vis-à-vis des accords de KYOTO. De fait, sa plaquette grand public "Une énergie dans l'air du temps, les éoliennes" assène qu'1 MégaWatt éolien remplace 1 MégaWatt d'origine thermique "c'est autant d'émission de gaz à effet de serre en moins".
Ces opérations récurrentes de propagande ont marqué l'inconscient des Français, puisque pendant le Grenelle de l'Environnement le SER (Syndicat professionnel des Energies Renouvelables) a commandé un sondage faisant ressortir que 61% d'entre eux pensent que l'éolien industriel est intéressant pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
Or le bilan prévisionnel 2007 du RTE (Réseau de Transport d'Electricité) indique formellement qu'un déploiement massif de l'éolien industriel ne peut se substituer qu'à environ 20% de la puissance thermique nationale. D'autre part, le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d'Etude de la Pollution Atmosphérique), comptant EDF dans son conseil d'administration, indique que la production électrique française est responsable de seulement 6% des émissions de CO2 du pays. Si bien qu'un déploiement massif de l'éolien industriel en France ne parviendrait à diminuer les émissions nationales de CO2 que de seulement environ… 1% (20% de 6%). Et moins encore si comme le précise le RTE, plus le parc éolien croît, plus il faut d'équipements thermiques pour stabiliser la variabilité de sa production.
Malgré ce si faible bénéfice environnemental et un coût de plusieurs milliards d'Euros par an payable par les citoyens-consommateurs français, le Ministre de l'Environnement s'apprête à soumettre au Parlement une Loi de programmation comportant 25 000 MW éoliens (9 à 10 000 éoliennes géantes) qui saccagerait lourdement le patrimoine naturel et culturel de la France.
Seules les pratiques et technologies d'économie d'énergie peuvent réellement permettre de diminuer significativement les émissions de CO2 du secteur énergétique de la France.
Tirant les conclusions du Grenelle de l'environnement, le Président de la République avait annoncé une priorité à la défense de la nature et du patrimoine tout en précisant que les éoliennes devaient être cantonnées dans les friches industrielles. L'application évidente de sa politique consiste à supprimer l'obligation actuelle faite à EDF d'acheter l'électricité éolienne à un prix exorbitant si elle est produite en dehors de friches industrielles.
Avant que cette hérésie du Développement & Aménagement Durables ne dégrade pour rien l'un des pays les plus appréciés du Monde, la FED et la FNASSEM demandent l'arbitrage du Président de la République.
Contacts presse :
FED - Jean-Louis Butré : 06.80.99.38.08 - contact@environnementdurable.net
FNASSEM - Kléber Rossillon : 06.07.21.88.64

planeur atterissant à
Chanet